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Histoire de la massification de l’enseignement au XXe

La “démocratisation” de l’enseignement est une réalité factuelle que nul ne peut nier, en revanche, la domination des classes aisées dans l’enseignement et le “plafond de verre” dans certaines filière élitistes sont tout aussi réels.

En effet, jusqu’à la fin des années 1950, le système scolaire français est encore fondé sur la stricte séparation de deux types d’enseignement : élémentaire et secondaire. A cette époque, la majorité des élèves suivent leur scolarité élémentaire dans des écoles primaires durant leur scolarité obligatoire (14 ans à partir de 1936).

Après l’obtention du “certificat d’études” primaires, les “meilleurs” élèves pouvaient poursuivre leur scolarité dans des cours complémentaires, ceux-ci jouant après 1945 un rôle majeur dans l’amorçage de l’allongement de la durée de scolarisation dans les milieux populaires et les classes moyennes. Dans les faits, les enfants d’ouvrier ou de paysans ne font presque jamais d’études supérieurs, ils sont presque systématiquement envoyé vers les formations professionnalisante ou sur le marché du travail.

L’enseignement secondaire est donc le privilège des classes aisées. Il se distingue par les études classique gréco-latine.

Les mathématiques remplacent le grec et le latin

Au milieu des années 1960, avec l’arrivée massive des nouvelles technologies, les études classiques laissent la place aux études scientifiques et aux mathématiques, cette discipline devient un instrument de sélection des élites. Cela n’a pas changé aujourd’hui.

À la fin des années 1950, seuls 10 % des jeunes constituant une classe d’âge accédaient au baccalauréat, qui est à la fois le diplôme sanctionnant la fin des études secondaires et le premier grade universitaire donnant accès à l’enseignement supérieur.

La première révolution se déroule en 1956, avec la suppression de l’examen d’entrée en sixième. Les élèves sont désormais admis au collège sur dossier.

L’orientation se fait à présent à l’issu de la Cinquième, en fonction de son niveau, mais surtout de sa catégorie sociale, l’élève se voit proposer l’une de ces trois filières :

  • l’enseignement général long, classique (avec latin) ou moderne, conduisant à la prolongation des études au lycée avec l’obtention du baccalauréat pour horizon ;
  • l’enseignement général court dans les CEG, qui s’achève par la Seconde;
  • l’enseignement professionnel dans les collèges d’enseignement technique (formation au CAP)

Le collège unique

Nous sommes dans les années 70, la France s’est modernisée et le secteur industriel exige de plus en plus de techniciens et ingénieurs. La classes aisées ne peut suffire à répondre aux demandes du marché. Le secteur secondaire a besoin de techniciens et d’ingénieurs en grand nombre, quant au secteur tertiaire (les services), il réclame toujours plus de cadres. C’est dans ce contexte, que la loi Haby, votée en 1975, crée le collège unique. Tous les enfants entrent en sixième dans des classes indifférenciées. Les filières disparaissent. Est ce à dire que la sélection disparaît ? Évidemment non, mais elle change de forme et surtout elle est repoussé au lycée.

A présent, la différenciation se fait au  niveau du lycée avec d’un côté les lycées d’enseignement professionnels (LEP puis LP), de l’autre les lycées généraux.

Dans le même temps, la loi d’orientation du 10 juillet 1989, dite loi Jospin, réaffirme l’objectif d’amener 80 % d’une génération au niveau du baccalauréat.

Aujourd’hui plus de 85% d’une tranche d’âge atteint le Baccalauréat, la sélection se fait donc à présent dans le supérieur, l’université n’est plus un gage de réussite puisque 60% des étudiants en sortent sans diplôme et que même diplômés beaucoup étudiants ne sont pas assurés de trouver un emploi.

La sélection se fait aujourd’hui après le Bac

L’élite se concentre donc sur les grandes écoles recrutant principalement sur concours : Polytechniques, Ecole Normale Supérieure, ENA, Science Po, HEC, École des Mines, Ecole Centrale…

L’observatoire des inégalités est catégorique : cinquante fois plus d’enfants de cadres que d’enfants d’ouvriers à Polytechnique. Vingt fois plus dans les Écoles normales supérieures ce qui signifie en gros que les élèves de Polytechnique représentent deux tiers d’enfants de cadres supérieurs contre 1 % d’ouvriers. Les Masters ne font pas beaucoup mieux puisque près d’un tiers des étudiants sont enfants de cadres supérieurs, seulement un sur dix a des parents ouvriers. 40% des élèves en Master sont des enfants de cadres contre 10% d’enfants d’ouvrier et de salarié.

Comme l’ont très bien compris les enseignants dont les enfants réussissent beaucoup mieux que la moyenne, la réussite scolaire commence dès la maternelle. A la fin de la maternelle, les enfants ont déjà des différences de niveau importante et ne sont pas par la suite compensées par l’école primaire. Ces différence ne font que s’accentuer encore davantage au collège et lycée.

Si vous souhaitez offrir toutes les chances à vos enfants de faire des études dans les meilleures école, commencez donc à les aider les plus tôt possible…

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