fbpx

Pourquoi certains parents choisissent-ils de retirer leurs enfants de l'école

Comment expliquer le succès actuel de l’instruction en famille, malgré la mauvaise publicité qui lui est faite ?

L’échec scolaire est malheureusement une sorte de fatalité pour 20 à 30 % des élèves. Évidemment, tous les enfants méritent de réussir.


Aujourd’hui dans nos écoles, seule une petite majorité des élèves, parviennent à s’adapter “au moule” de l’institution scolaire, encore que la plupart du temps ce soit grâce au soutien des parents en dehors des cours.

Une classe moyenne est composée de 25-30 élèves. En général, une classe se répartie ainsi : un tiers des élèves s’en sortent plutôt bien, font vivre la classe et comprennent bien la plupart des matière. Un autre tiers, se situe dans la moyenne, il parviennent à suivre certains cours mais sont complètement perdus dans d’autres. Enfin, un dernier tiers des élèves “galèrent”, pour eux, l’école c’est une sorte de passage imposé, ils accumulent parfois depuis plusieurs années de mauvaises notes ou des évaluations très en dessous de la moyenne de la classe. Souvent, ils lisent très mal, ne font plus leurs devoirs et passe l’essentiel du cours à fixer l’horloge. Pour eux, l’école c’est un peu le bagne.

On observe que les difficultés apparues dès la Primaire, ne seront jamais résolues. Pire, ces lacunes vont s’accumuler d’années en années, jusqu’à devenir un handicap insurmontable une fois au collège. Les classes de Cinquième et Quatrième sont deux années charnières dans le parcours scolaire d’un élève, ce sont en général dans ces deux années que la plupart des élèves en difficultés s’écroulent, perdent pied.

Ne plus être dépendant de l’institution scolaire

Mais que faire ? Doit-on se résigner ? Les parents sont face à un choix. Si les parents sont bien informés, ils n’attendront pas le collège pour agir, car tout commence dès la maternelle, à la fin du Primaire, il est déjà presque trop tard, si l’enfant à de grosse difficultés. Les parents ont plusieurs choix : s’investir à fond pour aider votre enfant après l’école (mais attention à ne pas dégouter votre enfant, il faudra être patients). Faire appel à un professionnel (les cours particulier par exemple) ou choisir un mode d’enseignement alternatif. Choisir l’instruire à la maison peut donc être un choix judicieux, surtout si vous avez le temps.

Mais une chose est sûr, vous ne DEVEZ PAS ATTENDRE DE L’ÉCOLE quelle résolve ce problème à votre place. Car, non seulement, l’école porte en elle une part non négligeable de la responsabilité de l’échec scolaire, mais en plus, l’institution n’a pas à ce jour trouvé de solution à celui-ci (cf. le rapport du CNESCO de 2016*, “Comment l’école amplifie-t-elle les inégalités“).

L’école productiviste créer de l’échec

Dans sa critique du système scolaire, Ivan Illich (Une société sans école, 1972) démontrait déjà dans les années 70, que toutes les institutions de masse (sytème scolaire, industrie médicale, système médiatique…) par leur tendance à l’uniformisation et la standardisation, finissent inexorablement par devenir le contraire de ce qu’elles étaient censées combattre. Les exemples sont nombreux : l’échec scolaire massif pour l’Éducation Nationale, les infections nosocomiales (600 000 cas par an) et les maladies iatrogènes (responsables de plus de 10 000 décès et plus de 130 000 hospitalisations chaque année) pour le système de santé public, la désinformation et l’appauvrissement de la pensée critique pour le système médiatique…

Toute personne ayant déjà enseigné au collège sait que dans chaque classe, on dénombre presque toujours en moyenne entre cinq et sept élèves en difficulté. A l’échelle de la France cela fait plusieurs millions d’enfants laissés en arrière chaque année. Les symptômes du “décrochage scolaire” varient en fonction de la personnalité de l’enfant allant de la passivité (l’enfant dort ou n’est présent que physiquement) à la fuite (absentéisme) en passant par la révolte (enfants dits “perturbateurs”). Presque toujours on note un effondrement de l’estime de soi.

Vous pensez que je noircis le tableau ? En 2007, 40% des élèves était en difficulté en sortant du primaire (rapport 2007 du Haut Conseil de l’éducation).

Certes, les taux de réussite au Baccalauréat sont supérieurs à 80% et les trois quarts de nos enfants arrivent jusqu’au BAC, mais faut il s’en satisfaire pour autant ? Ce n’est plus un secret. Le niveau scolaire n’a pas augmenté mais c’est bien le niveau d’exigence qui a été abaissé afin de donner l’illusion d’une “démocratisation du Baccalauréat”.

Ainsi, les conséquences  de cette politique de la tromperie sont en fait dramatiques puisque 60% des étudiants quittent aujourd’hui l’université sans diplôme (sans parler de ceux qui même diplômés ne parviendront pas à trouver un emploi correspondant à leur diplôme).

De fait, beaucoup de parents sont totalement désarmés face à ce système scolaire uniforme et productiviste inspirée de la société inégalitaire du XIXe siècle.

Mais, si vous lisez ces lignes c’est que vous êtes en quête d’autre chose. Quelles sont les solutions qui s’offrent à vous ?

Des solutions sur mesure

Tout d’abord, la solution la plus coûteuse : placer ses enfants dans des écoles “alternatives” comme les écoles Montessori, les écoles démocratiques et autres. Malheureusement force est de constater que le prix de ses établissements est très élevé, ce qui pour le coup ne les rend pas “démocratiques” du tout. En outre, attention à ne pas se fier à l’emballage cadeau, une “enquête” minutieuse de votre part reste nécessaire. Ces écoles répondent elles aux enjeux de notre société autant qu’aux besoins de nos enfants ? Difficile à dire faute d’évaluations comparée sérieuses et objectives à l’heure actuelle.


L’autre alternative est bien moins coûteuse financièrement mais nécessite un investissement personnel important : c’est l’instruction à la maison.

Ainsi, l’instruction en famille, doit être considérée, non pas comme une volonté de contrôle de l’enfant (thèse institutionnelle), mais comme un désir légitime, voire un devoir moral, de la part des parents de palier aux insuffisances ou aux carences de l’institution scolaire actuelle.

Nous vivons dans un contexte difficile d’atomisation des familles, avec des divorces devenus la norme, un mépris du métier de mère au foyer, une dégradation progressive du pouvoir d’achat imposant le travail des deux conjoints ou encore une volonté étatique de se substituer aux parents avec par exemple la scolarisation dès 2 ans. Et pourtant, certains parents décident de se battre et de nager à contre-courant. Ils choisissent l’instruction en famille qui est aux antipodes de la tendance actuelle.

Là encore, nous n’avons pas assez d’études comparatives, ni de travaux de recherches indépendants nous permettant de mesurer à la fois le bien-être des enfants scolarisés à la maison comparés à ceux scolarisés dans le système traditionnel, mais aussi les performances en termes d’acquisition de savoirs et de réussite dans la vie personnelle. Il n’en demeure pas moins que l’instruction à la maison ne représente aucunement un danger pour l’enfant, ce n’est pas non plus une expérience irréversible. Cette solution conviendra sans doute à certains profils d’enfants plus qu’à d’autres, mais dans tous les cas, lorsque l’enfant est en souffrance à l’école, l’instruction à la maison – lorsqu’elle est possible – représente à mon sens, la meilleure solution, c’est à dire la plus démocratique (coût modéré), la plus naturelle pour la plupart des enfants et la plus enrichissante pour les parents.

Notes de bas de page

*Rapport de CNESCO, 2016 : « ces politiques se révèlent peu efficaces parce qu’elles travaillent à la marge de l’école et des heures de cours, et qu’elles ne changent pas fondamentalement ni les pratiques pédagogiques des enseignants ni l’expérience scolaire au quotidien de l’élève. »

**Lire l’excellent Némésis Médical de Ivan Illich, 1981

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La newsletter qui peut révolutionner ta vie
Recevez nos derniers articles et conseils avant tout le monde (éducation des enfants, réussite scolaire, psychologie, organisation, lectures...).
Semanciper.com respecte la législation européenne dite RGPD. Vos données et emails ne seront en aucun cas partagées.
%d blogueurs aiment cette page :